lundi 13 avril 2015

La Reine des Neiges


Disney, c’est toute notre enfance. Comment ne pas être sensible à la magie Disney. Comment ne pas pleurer devant la mort de Mufasa. Comment ne pas rigoler devant les gesticulations du génie d’Aladdin. Comment ne pas s’extasier devant l’incroyable épopée de Mulan. Disney, c’est l’industrie du rêve, la fabrique de l’imagination, l’atelier du bonheur. Longue vie à Disney.

Malheureusement, Disney a ses hauts et ses bas. Après avoir connu un succès incroyable entre 1950 et 1973 avec la sortie entre autres de Cendrillon, Peter Pan, La Belle et le Clochard, La Belle au bois dormant, Les 101 dalmatiens, Merlin l’enchanteur, Le Livre de la jungle, Les Aristochats et Robin des Bois, le studio plonge dans un sommeil profond correspondant notamment à la mort de son créateur, le prodigieux Walt Disney. Mais en 1989, les studios sortent de leur torpeur et on parle alors de l’ère de la Renaissance Disney. Une période de prospérité notamment marquée par  La Petite Sirène, Bernard et Bianca, Le Belle et la Bête, Aladdin, Le Roi Lion, Pocahontas et Mulan. Cependant, cette abondance va être contrariée par l’arrivée des studios DreamWorks et Pixar qui développeront des films en images de synthèse, à la qualité bien supérieure aux vieilles productions Disney. Mais les studios Disney, fort (et fortuné) de leur gloire passée, rachètent les studios Pixar en 2006. De cette absorption naitra 7 ans plus tard, La Reines des Neiges.

Certaines critiques considèrent La Reine des neiges comme le meilleur film d'animation musical de Disney depuis l’ère de la Renaissance Disney. Il est devenu le plus grand succès de tous les temps pour un film d'animation en dépassant contre toute attente le milliard de dollars de recettes de Toy Story 3. De plus, sa chanson reine (si je peux me permettre le jeu de mot) Libérée, Délivrée, est un triomphe. Qui n’a pas entendu une jeune fille chantonner cet air ? La chanson est même reprise dans The Voice, l’émission phare de TF1.  Face à ce succès critique, musical, commercial et financier, je me devais de me faire une idée. Résultat : j’ai aimé.

La Reine des Neiges jouit d’une histoire belle et féérique. Prince, princesses, compagnon cocasse, héros, et bien sûr… MAGIE !!! L’histoire est plutôt sombre, plutôt triste, faite de malédictions, de trahisons et de calamités. Une noirceur bienvenue pour plaire au grand comme au petit mais bien évidemment, l’histoire finira bien. Le film possède un message d’amour et d’amitié fort, assez marqué, mais pas trop, pas de quoi nous écœuré. Le dosage est intelligent et la recette est assurément celle d’un bon Disney.

Le film est rythmé et touchant, ne laissant pas l’ennui s’immiscer. Les personnages sont attachants. Les animaux ne parlent pas mais on se sert de stratagèmes habiles pour les faire s’exprimer. Le Timon du Roi Lion, le Mushu de Mulan, le Génie d’Aladdin, en somme ce compagnon de voyage drôle et singulier, est ici incarné par Olaf, bonhomme de neige animé, qui parfait la recette du bon Disney, ajoutant ce soupçon de comédie pour en faire un bon divertissement.

Seul bémol à ce Disney, qui en fait pour moi un Disney de bonne facture, mais pas au niveau de ses ancêtres : les chansons. Je m’excuse à l’avance auprès de tous les fans de Libérée, Délivrée mais soyons honnêtes, la chanson est franchement pas dingue. Elle est très loin de Comme un homme de Mulan, de Tout le monde veut devenir un cat des Aristochats, de toutes les chansons du Roi Lion, de toutes les chansons d’Aladdin. Je trouve ça un peu faible et je n’évoquerais même pas les autres chansons qui sont franchement décevantes… Les paroles sont mal trouvées, les rimes mal ficelés, et la musicalité complètement absente. Cette dernière a totalement refusé de s’inviter à la fête. Et en plus, c’est gueulard, on ne comprend pas la moitié de ce qu’ils disent.

Malgré ce dernier bémol, je considère le tout comme étant un Disney de très bonne qualité, renouant avec la gloire passée des mythiques studios Disney.

3.5/5

mardi 7 avril 2015

JCVD


J’aime les films, et séries, où les acteurs jouent leur propre rôle en prenant suffisamment de recul sur l’image qu’ils renvoient. J’aime donc quand les acteurs, conscients de leurs caractéristiques et de leurs défauts, s’en amusent ouvertement. Vous l’aurez compris, j’adore l’autodérision. Rire de soi, voilà la qualité première d’un bon humoriste. C’est pour toutes ces raisons que j’ai énormément apprécié la série Entourage (où beaucoup de personnalités se caricaturent eux-mêmes) ainsi que les films This is the end et JCVD.

Jean-Claude Van Damme est évidemment connu pour traîner derrière lui, une filmographie musclée et primaire, composée pour l'essentiel, de films d'actions. Cette même évidence nous induira en erreur avant de visionner JCVD : on s'attend une fois de plus à voir défiler devant nos yeux blasés un sempiternel film bourrin et dégoulinant de testostérone.

Et c’est une grossière erreur. JCVD est un docu-fiction savamment orchestré par Mabrouk El Mechri. Dans ce film, Jean-Claude Van Damme, star du cinéma sur le déclin, tiraillé entre son divorce, une bataille juridique pour obtenir la garde sa fille et ses difficultés financières, retourne en Belgique pour se reposer et se retrouve embarqué dans une prise d'otages suite à un braquage de bureau de poste qui tourne mal.

Le film nous étonne à tous les niveaux. Ce dernier s’ouvre sur un plan séquence (d)étonnant et se conclut par une scène très belle, loin de l’happy-ending prévisible qui aurait, à coup sûr, dilué l’impact du film. La structure du film évite la facilité et est tout simplement remarquable. Le film nous captive, nous capture, nous embarque, sans que l’ennui pointe son nez. Les amoureux de Van Damme seront quand même heureux de pouvoir profiter de quelques bonnes scènes d’action, mais très peu, juste ce qu’il faut.

Mais toute la beauté et la magie du film repose sur l’interprétation grandiose de Jean Claude Van Damme. JCVD y interprète son propre rôle avec justesse et authenticité. Conscient de son image, il en joue à la perfection. Ainsi, le film est une superbe mise en abyme, ponctué des fans de sa filmographie et de ses passages télévisés. Alliant humilité et sincérité, JCVD se met à nu dans un film émouvant et poignant qui nous amènera à nous questionner sur les étiquettes que l’on colle aux autres. Mais qui nous apprendra aussi à faire fi des apparences pour découvrir et admettre la part d’humanité chez l’autre.   

JCVD est un film polymorphe, alternant polar, comédie, action, drame et questionnement existentiel. Malgré toutes ses qualités, JCVD restera un échec cuisant avec pas même 200 000 entrées en France. Ce film est donc la preuve que la pire chose qui puisse arriver à un acteur, ce n'est pas tant d'être oublié du public et des boites de prod que d'être cantonné à un type de rôles.

4/5