vendredi 12 mai 2017

INCONNU#2 : 2016 en 3 séries



Pour ce deuxième numéro d’INCONNU, où je vous présente des films ou séries très peu visités par le grand public, j’ai décidé de parler de 3 séries très courtes (max 10 épisodes de 30min) qui ont fait les beaux jours de l’année 2016.  

BETTER THINGS

 Better Things est probablement l’une des séries au synopsis le moins attirant au monde : « le quotidien très chargé d'une mère de famille divorcée qui peine à joindre les deux bouts entre un métier d'actrice difficile, trois enfants qu'elle élève seule et une vie sentimentale chaotique ».

Cependant, la série a pour showrunner le grand, l’incroyable, l’extraordinaire comédien de stand-up américain Louis C.K. Je suis un fan invétéré de Louis C.K dont j’ai englouti toute la filmographie, de ses spectacles en passant par ses séries (Lucky Louie, Louie et Horace & Pete). Mais Better Things n’est pas son petit bébé, c’est avant tout celui de Pamela Adlon, son acolyte de toujours (Lucky Louie, Louie…). Pamela est vraiment le pendant féminin de Louis et a fortiori, pour ceux qui ont vu la série Louie, Better Things est le pendant féminin de Louie. Comme pour toutes les productions de Louis C.K, c’est la qualité de l’écriture qui en fait une œuvre touchante et essentielle. 

La série nous présente donc Sam, 40 ans, actrice, célibataire, mère de 3 filles, et s’occupant de sa mère vivant dans la maison d’à côté. Vous l’aurez donc compris, Better Things est une série de femmes qui met le sexe féminin au centre, lui donnant pouvoir et émancipation. Plus on avance dans la série, plus on se sent à l'aise et plus les épisodes passent vite pour qu'au final, la caméra disparaisse et nous laisse au centre de la maison, encerclé par les conflits familiaux et le brouhaha maîtrisé à la baguette par Louis C.K. 

C'est une série pleine de bienveillance et d'amour, qui refuse les clichés permanents sur l'adolescence pour toucher juste.

4/5 
Crashing (UK)

Dès les premières secondes on sait tout de suite que l’on a à faire à une série anglaise. Tout d’abord les accents ne trompent pas, mais c’est surtout le décor qui nous met la puce à l’oreille, une toile de fond complétement barrée que seuls les anglais peuvent monter. En effet, la série met en scène 6 jeunes anglais cohabitant dans un hôpital désaffecté. 

Il n’y a pas vraiment grand-chose à ajouter. La série se regarde en une soirée (6 épisodes de 20 min) et elle est le symbole de l’ingéniosité anglaise. Avec l'installation des codes habituels de la série comique à travers le triangle amoureux, le dragueur cliché, la française artiste, ou encore le gay en manque de confiance, Crashing arrive tout de même à nous proposer quelque chose d'original, et surtout d'hilarant. L'humour anglais a toujours été assez spécial, soit on adore, soit on déteste. Pour ma part, j'adore complétement. Les personnages s'avèrent être extrêmement attachants, voir même touchant avec le personnage de Sam qui refuse d'admettre son homosexualité. On ne s'ennuie pas, on rit (beaucoup), notamment avec l'épisode du repas et les chansons qui resteront comme un moment de pur délire, que seul les Britanniques peuvent nous offrir. 

C'est plein de petits moments qui permettent à "Crashing" de s'imposer comme une des pépites anglaises de 2016.
 4/5

Atlanta

Vous connaissez peut-être Donald Glover pour l’avoir aperçu sous les traits de Troy dans Community ou alors vous êtes fan de RAP et vous le connaissez sous son nom de scène : Childish Gambino. Si c’est le cas, et que vous aimez bien la personne, alors vous devez absolument vous plonger dans Atlanta, une série dont il est le showrunner. Et si ce n’est pas le cas, vous devez quand même regarder Atlanta, une série à petit budget, indé au message fort. 

On suit un jeune rappeur et son manager dans la banlieue d’Atlanta à travers leurs pérégrinations et leurs errances. Souvent présentée au grand public comme une série sur le RAP, Atlanta est avant tout une des meilleures critiques sociales de l’année. Ça en dit beaucoup sur la condition afro-américaine d’aujourd’hui.  Toujours sur le rasoir de la tension d'un quotidien qui peut sombrer dans la tragédie en un instant, ce qui paradoxalement permet un ressort comique d'une puissance folle. On rit pour éviter la gêne, on rit pour profiter de l'instant et on le fait très fort.

La série est d'un équilibre fou, basé sur un montage d'une rare efficacité. Atlanta sait aussi prendre son temps, nous rappelant où on est, installant toujours son ambiance par-dessus tout, pour nous surprendre.Tous les personnages sont crédibles et attachants, tous ont leur moment de gloire dans cette saison et aucun n'est enfermé dans un cliché, ni une caractéristique dominante comme le font si souvent les comédies. Et les situations, dans lesquels ils sont exposés, ne permettent que de les voir interagir et évoluer. Rien n'est juste là "pour la blague". Ils sont malins à leur façon, agréables, pénibles, humains. 

Atlanta est une bouffée d'air frais et l’une des meilleures choses qui soit arrivée au monde télévisuel en 2016. C’est bourré d'idées et de sensibilité qui, j'espère, permettra à l'industrie de se repenser. C'est fin, sincère, dur, drôle, touchant et à la fois banal. C’est de la poésie moderne, à voir absolument.

4.5/5

1 commentaire:

  1. J’ai regardé la première saison d’Atlanta et c’est plutôt pas mal. Cette série TV met en avant la communauté afro-américaine et ses difficultés. Par ailleurs, Donald Glover nous présente aussi le monde du hip-hop et la triste réalité de ce milieu.

    RépondreSupprimer