mardi 10 février 2015

Critiques express (spécial comédies)














Les Miller une famille en herbe


Ça c’est du divertissement comme je les aime, dans la digne lignée des comédies américaines sans prétention mais tout simplement hilarantes (Cf Neighbors). L'histoire met un petit peu de temps à se mettre en place mais une fois lancée le tout devient très drôle. Le scénario est assez original, les personnes caricaturaux à souhait, les rebondissements, quiproquos et autres situations rocambolesques tout bonnement désopilantes. Le film possède bien sûr quelques facilités but who cares !!!!!!! Sa fraicheur dans l'humour et ces situations invraisemblables font penser au premier Very Bad Trip. Parfait pour un film sans prise de tête ! 

PS : Mention spéciale au bêtisier à la fin qui nous montre les acteurs principaux du film se moquer gentiment de Jennifer Aniston  en mettant I’ll be there for you au milieu d’une scène où une autre chanson était attendue. 

4/5

 
Les gardiens de la galaxie


Très très bon divertissement. Marvel nous offre ici un de ces meilleurs longs métrages si ce n’est le meilleur !! Si Avengers était déjà drôle par moment (notamment grâce à Tony Stark et Hulk), Les gardiens de la galaxie l’est de bout en bout. On est entre la comédie et le film d’action, on ira même jusqu’à affirmer que la comédie prend le pas sur l’action. La quasi-intégralité des ressorts comiques du film reposent sur l’anormalité de ces personnages. On trouvera donc une grosse brute incapable de second degré, un arbre ne pouvant aligner plus de 3 mots, un raton laveur passionné d’armes et qui trouve amusant de voler des prothèses à des handicapés, une orpheline qui semble très en rogne contre son papounet d’adoption et finalement un humain qui se prend pour Indiana Jones. Au-delà de cette bonne dose d’humour, vous pourrez vous réjouir de ne pas trouver trop de guimauve émotionnelle étant donné que les tentatives de « larmes dans les chaumières » prennent très vite une tonalité parodique.

PS : Mention spéciale à la BO du film qui est juste incroyable. Voici ma préférée.

4/5














This is the end

Le film n’a pas envie de se prendre au sérieux et moi ça me fait terriblement plaisir ce genre de film. Le scénario est d’une débilité à toute épreuve, le budget du film semble dérisoire avec des effets spéciaux qui oscillent entre le sympa et le raté et finalement les acteurs jouent leur propre rôle avec une autodérision qui me fascine et que je trouve exquise. Pour apprécier le film à sa juste valeur, il est cependant nécessaire d’être un peu initié à la filmographie des acteurs et du frat pack constituant le casting (James Franco, Seth Rogen, Jonah Hill, Danny McBride, Craig Robinson). En effet, ces derniers vont enchainer les private jokes et les références et si tant est que l’on soit un minimum renseigné, on ne manquera pas de rire à gorge déployée. James Franco joue le narcissique/obsédé, Seth Rogen le mec chill/décontracte, Jonah Hill le gentil/inoffensif… Avoir le recul nécessaire pour se moquer de sa propre personne, voilà une qualité que j’apprécie énormément chez les autres et surtout voilà humour dont je raffole.
4/5


 
Le dernier pub avant la fin du monde

Pourquoi vous faut-il voir ce film ? Parce que le scénario original : un groupe d’amis perdu de vue depuis 20 ans se reforme pour une tournée des bars dans leur ville natale. Parce que l’accent anglais à couper au couteau c’est quand même un gros kiff. Parce que l’écriture anglaise est plus subtile et complétement différente de ce qu’on peut retrouver dans les comédies américaines. Parce que ça part dans un délire de fin du monde à la This is the end et que comme ce dernier, le film se prend pas au sérieux se permettant par la même des situations aussi grotesques qu’hilarantes. Pour finir, parce que la brochette d’acteurs est très bonne avec un Simon Pegg exceptionnel.
3.5/5

lundi 9 février 2015

Jupiter : le destin de l'univers (Jupiter Ascending)


Je refuse le snobisme cinématographique qui consiste à dire qu’Interstellar est une merveille de maitrise et d’intelligence et que Jupiter Ascending est un nanar à gros budget et à faibles intentions. Je suis de ceux qui pensent que tout cinéma peut être apprécié si tant est que l’on sache très bien ce que l’on vient chercher en prenant place dans une salle noire. Si on vient chercher un film d’auteur saoudien on sera ravi par un Wadjda, si on vient chercher une comédie américaine bien lourde et bien potache on sera ravi par un Neighbors, si on vient chercher un thriller maitrisé on sera ravi par un Fincher, et si on vient chercher un space-opera spectaculaire et flamboyant on sera ravi par un Jupiter Ascending.

Fatigué de voir des films plats (mais certes bons) comme A most violent year, j’avais envie d’un cinéma pop-corn explosif, d’un film de science-fiction à l’ambition démesurée, à la maitrise partielle, et à la cohérence secondaire. C’est dans cette optique que je me suis rendu au cinéma pour voir Jupiter Ascending et j’en suis sorti ravi, comblé même.

Jupiter Ascending ne se prend pas au sérieux et c’est là tout ce que je demande. Il est conscient de ses incohérences, conscient de la complexité de son univers, conscient de ces raccourcis scénaristiques, conscient d’être un blockbuster au budget de 175 millions de dollars, et il pousse cette connaissance de soi à l’extrême sans se préoccuper du qu’en dira-t-on. Si Nolan va chercher à maitriser parfaitement son sujet dans Interstellar, rendant par là même les incohérences scénaristiques d’autant plus irritantes, les Wachowski préfèrent ignorer la pseudo-maitrise d’un sujet qui ne peut pas vraiment l’être au profit d’un enthousiasme communicatif tout à fait délectable.  A ce titre, le spectateur ne devra pas chercher à comprendre comment on peut parcourir ce qui semble être des centaines de kilomètres avec des boots volantes en quelques secondes, il ne cherchera pas non plus à comprendre comment un vaisseau ou un être-humain peut éviter autant d’explosions et de tirs de missiles, et finalement il ne s’étonnera même pas de voir Mila Kunis porter des coudières quand elle apprend à surfer dans l’air à plusieurs centaines de mètres du sol (sachant que toute chute serait mortelle :p).

Personnellement, je n’ai pas vu le temps passer. J’irais même jusqu’à dire que je suis déçu que les Wachowski n’aient pas pris plus le temps de développer leur univers. Une trilogie, avec une mythologie encore plus étoffée, aurait été du meilleur effet. Car la surabondance de personnages, de détails et de noms n’est pas nuisible au récit mais aurait gagné à être étayé sur le long terme. De nos jours, la plupart des blockbusters sont des suites ou des remakes, alors je me réjouis que certains proposent des scénarios originaux, des fresques intergalactiques d’envergure, certes imparfaites et aux nombreux raccourcis, mais tout à fait réjouissantes.

Comme on pouvait déjà l’observer dans la trilogie Matrix, la force des Wachowski repose majoritairement sur l’action. Après le succès mitigé de Cloud Atlas, la fratrie revient donc sur son cœur de métier. On retrouve des combats spectaculaires et des courses poursuites parfaitement orchestrées. On en prend plein la gueule et ça fait beaucoup de bien. Les adeptes des Wachowski retrouveront également les thèmes récurrents de leur filmographie comme la critique du capitalisme à outrance qui mènerait inéluctablement à l’autodestruction de notre espèce. Enfin, comme dans Les gardiens de la galaxie ou Avengers, on pourra aussi profiter d’un peu d’humour toujours bien venu. Je pense notamment au passage sur l’administration intergalactique.

Ce film est à prendre un peu comme Avatar. Il faut faire fi des raccourcis grossiers du scénario, faire fi des simplicités aberrantes du récit, pour s’abandonner dans un univers incroyable, créé de toute pièce dans l’imaginaire de personnes à l’inventivité débordante.

3.5/5