mardi 27 août 2013

Le premier jour du reste de ta vie

















Ce film est beau et touchant ! Il émeut par sa simplicité tandis que sa surprenante réalité nous rattrape. Bien sur certains le critiqueront prétextant un surplus de clichés et des ficelles trop grosses. Diable ! Ils n’ont donc rien compris. On ne peut pas faire un film réaliste sans reprendre des situations connues, que tout le monde vit au quotidien et auxquelles chacun pourra s’identifier. Certes, il faut alors les filmer et les exploiter d’une façon qui ne soit ni pédante ni courante, et c’est justement ce que réussi parfaitement à faire Rémi Bezançon.

La famille parfaite, idéale et exemplaire en tout point, sans vagues et sans histoires, c’est un mensonge et un mythe. Personnellement, je pense que toutes les familles, si belles soient-elles en apparence, sont un peu dérangées dans le fond. Et c’est justement pour cela que Le premier jour du reste de ta vie est un film émouvant. Dans cette famille un peu détraquée, mais criante de vérité, on s’y retrouve et quelque part le film est un miroir. C’est car on y voit son reflet que le charme opère.

Pour ma part, ce n’est pas l’abstrait qui me touche mais bien le terre à terre. Hélas, il est bien plus facile de réaliser un bon film obscur, chimérique et théorique que de réaliser un grand film concret, tangible et consistant ! C’est là, que Rémi Bezançon et sa troupe d’acteurs tous impeccables réalisent une performance. Ils font de ce film une histoire accessible au plus grand nombre sans pour autant tomber dans la facilité.

Larmes et rires, joie et peine, comédie et tragédie s’entrechoquent tout au long du film pour notre plus grand plaisir. A des scènes de vie courante, le réalisateur insuffle un dynamisme plaisant et on se lie très facilement d’amitié à chacun des personnages. Le casting en béton participe énormément à ce sentiment d’authentique énergie. Je ne prendrais pas la peine de les citer un par un car aucun ne mérite plus d’éloge que l’autre.

Pour finir, le film s’accompagne d’une bande originale de grande qualité (avec une très belle chanson de Daho en clôture) qui fait de donc de cette œuvre une satisfaction pleinement audiovisuelle.  


Je tiens à remercier mon amie Margaux Janin pour ce bon conseil et je lui dédicace cette critique.     

5/5

mercredi 21 août 2013

Pacific Rim


Pacific Rim est un blockbuster honnête, loin du cynisme ambiant des superproductions hollywoodiennes occupant le devant de la scène depuis une dizaine d'années. Jusque là rien de bien étonnant si on sait qui se trouve derrière la caméra. En effet, le réalisateur n’est autre que Guillermo del Toro le brillantissime créateur du Labyrinthe de Pan. Mais voilà tout, Pacific Rim n’est peut être pas aussi mauvais que Man of Steel cependant il reste bien surévalué car il demeure un blockbuster avec quasi tous les défauts du genre et seulement quelques qualités.

Bon, on ne va pas tourner autour du pot, les effets spéciaux sont stupéfiants et si on vient pour cela on n’en a clairement pour son argent. Ils sont tellement impressionnants que je me suis demandé pendant le film où était la limite dans notre avancée technologique. Mais bon, si les effets spéciaux suffisaient à faire un bon film, 2012 aurait été bien mieux noté. Outre cela, on retrouve bien évident le lot de baston habituel du blockbuster. Beaucoup, beaucoup de castagne mais sans sensation d’excès, et c’est là une des quelques qualités du film. Si dans Man of Steel, le combat de fin prend presque 1h sans interruption, Guillermo del Toro espace quant à lui ses combats et évite ainsi l’overdose.

Moi qui étais allé voir ce film pour son casting attrayant, j’en suis sorti quelque peu déçu. Les excellents acteurs de l’incontournable série Sons of Anarchy, Charlie Hunnam et Ron Pearlman, sont ici bien pâles. Le pauvre Charlie campe un héros sans envergure psychologique, formant, avec son alter égo féminin, un duo dépourvut de charisme. Même Charlie Day, grandissime acteur de la série It’s always sunny in Philadelphia, m’a beaucoup déçu, jouant un scientifique bien trop caricaturé.

Je ne peux m’empêcher de comparer ce film à ses homologues et par la même occasion d’en extraire les défauts. Loin d’être parfait, Avengers saupoudrait le tout d’une touche d’humour fort appréciable, humour dont ce film manque cruellement (bien que pourvu de quelques scènes à tendance humoristique). Iron Man 3 quant à lui, mettait l’accent sur la dimension humaine et psychologique de son héros (oui dans une moindre mesure ^^), dimension totalement écartée par Guillermo del Toro. Cela est d’autant plus regrettable qu’il y avait un coup à jouer de ce côté-là. En effet, le thème du lien psychique qui unie les pilotes des Jaegers n’est aucunement approfondi par le réalisateur mexicain et c’est profondément dommage.


Si l’univers crée par Guillermo del Toro est plaisant (mais on en attendait pas moins de lui), le film manque cruellement d’émotions (humour, compassion…).        


2.5/5

dimanche 28 juillet 2013

It's always sunny in philadelphia

Je pense pouvoir dire que cette série est la série la plus hilarante qui m’est jamais été donnée de voir ! Est-ce pour cela la meilleure série comique à mes yeux ? J’aurais du mal à l’affirmer car elle est un objet comique non identifié qu’il est très difficile de comparer à des mastodontes comme Friends ou Scrubs. L’une des principales différences qui rend la comparaison dangereuse et pour le coup inutile est que IASIP est composée en grande partie d’épisodes « presque » indépendants tandis que Friends ou Scrubs (mes autres références en termes de séries comiques vous l’aurez aisément compris) sont plus dans la continuité. Bien évidemment, il y a de tout de même un fil directeur dans IASIP et ainsi on voit l’évolution des personnages et certaines intrigues se déroulent sur plusieurs épisodes voire saisons.   

Mais alors en quoi IASIP est un objet comique non identifié ? Tout d’abord, tous les personnages principaux de la série sont, sans exception, des gros losers ! Mais en plus de ça, ils sont cruels, bêtes, méchants, mal honnêtes, lâches, narcissiques, égoïstes et je m’arrête là car vous avez compris où je voulais en venir. Ce sont des anti-héros à la limite de la perfection. Ils tiennent tous ensemble un bar, plutôt un trou à rats, dans la ville de Philadelphie. Chaque épisode est l’occasion de délires plus fous les uns que les autres. Vous allez littéralement être sur le cul en voyant ce qu’ils peuvent imaginer et surtout jusqu’où ils peuvent aller ! Pour faire simple, la limite est tout simplement inexistante et les sujets abordés confinent au grand n’importe quoi. Alcoolisme, avortement, armes à feu, sexisme, religion, harcèlement sexuel ou encore sniffage de colle sont autant de sujets abordés avec une désinvolture et un degré d’humour inouï.

Il est bien évidemment impossible de parler d’IASIP sans évoquer les acteurs-réalisateurs incroyables. Le réalisateur et acteur Rob McElhenney (Mac) est un fan de karaté qui n’a jamais pris une leçon mais qui reste persuadé de sa maitrise des arts martiaux. Glenn Howerton (Dennis) qui participe à l’écriture de la plupart des épisodes est un dragueur égocentrique et antipathique. Charlie Day (Charlie), aussi scénariste de certains épisodes, a explosé aux yeux des américains grâce à cette série où il joue un sniffeur de colle complétement obsédé par une serveuse qui ne sortira jamais avec lui. Pour finir nous avons la useless mais extraordinaire Kaitlin Olson (Dee) !!! La saison 2 verra arriver Danny DeVito qui donnera à la série une tout autre dimension (beaucoup plus frapadingue si cela est possible).

Borderline, déjanté voilà deux adjectifs qui caractérisent parfaitement l’esprit de la série. Pour profiter pleinement du show il vous faudra adhérer aux délires loufoques de cette bande d’amis mais une fois dans le « trip » le voyage sera, je vous l’assure, inoubliable et les rires garantis. Pour l’amour de Dieu (ou de moi si vous préférez), regardez cette série et surtout faîtes tourner car cette sitcom se doit d’être plus connue et de figurer en haut des TOP (dont elle est pour l’instant absente sauf pour les initiés).  

Le grand Jacques (Brel qui d'autre !!!) disait très justement dans une de ces interview : "La bêtise est la mauvaise fée du monde, c'est la sorcière du monde. Il n'y a pas de gens méchants, il y a des gens bêtes". Cette citations s'applique complètement à cette série. Les personnages sont méchants mais simplement parce qu'ils sont fondamentalement bêtes.
5/5

jeudi 18 juillet 2013

Rome



Bon, avant de commencer une critique périlleuse d’une série aussi belle que passionnante, je tiens à vous donner quelques informations précieuses pour mieux comprendre le tableau d’ensemble. Tout d’abord, Rome est une série américano-britannico-italienne de 22 épisodes d’environ 50 minutes répartis en 2 saisons. Elle raconte l’histoire du déclin de la République romaine de la Guerre des Gaules menée par César à l’avènement d’Auguste, premier empereur romain. Pour son époque (diffusion en 2005), elle est de loin la série au budget le plus élevé de l´histoire. En effet, sa première saison coûtera 100 millions de dollars et la seconde 125. Ce budget est du à une reconstitution grandiose qui s’est faite dans les studios italiens de Cinecittà. Des décors incroyables qui seront d’ailleurs réutilisés par Alexandre Astier pour le sixième livre de Kaamelott. A l'origine prévue pour comporter cinq saisons, la série s'est arrêtée au bout de deux saisons en raison du coût trop élevé des épisodes.  Cette décision prise par HBO durant le tournage de la saison 2 a ainsi poussé le réalisateur Bruno Heller à intégrer les principaux éléments qui étaient prévus pour les saisons 3 et 4 dans celle-ci, ce qui explique la façon dont les événements s'accélèrent durant la deuxième partie de la saison 2.
  
Rentrons directement dans le vif du sujet, Rome comporte de nombreux anachronismes et les réalisateurs ont pris de grandes libertés avec la fidélité historique. En effet, comme dans toute série historique destinée au grand public, le scénario est romancé. Pour commencer, les deux personnages principaux, des soldats de l’armée romaine, sont cités de façon anecdotique dans l’œuvre de Jules César, « commentaire sur la guerre des Gaules ». Leurs aventures et leurs implications dans les événements de l’époque sont purement fictives. Ensuite, la plus grande liberté prise par les réalisateurs concerne la condensation historique puisque plus de 20 ans séparent le premier épisode de la saison 1 et le dernier de la 2. Il est vrai que les ellipses sont  monnaie courante dans cette série, utilisées à toutes les sauces, elles rythment l’histoire. Cependant, une ellipse au milieu de la deuxième saison m’a un peu gêné, lorsque le personnage d’Octave change d’interprète pour des raisons d’âge. Un changement d’acteur n’est jamais très apprécié. Malgré tout, les principaux faits et personnages sont présents et le tout s’enchaine magistralement (donc on ferme les yeux facilement).

Plus que la fidélité historique, c’est vraiment la recherche de l’authenticité qui est au cœur de la série. Les réalisateurs ont tenté de retranscrire de façon précise la vie quotidienne et les mœurs de l’époque. Le but étant de montrer une Rome sale, dangereuse et populeuse et de prendre ainsi le contre pied des péplums hollywoodiens. C’est au travers de cette volonté de conformité à la vie quotidienne que l’on se retrouve plongé dans la religion, le sexe et la violence. Beaucoup critiqueront l’étalement gratuit de scénes quasi pornographiques et de barbarie, mais il est important de se replacer dans le contexte historique et ainsi d’en comprendre la cohérence. Personnellement, (à l’instar de Vikings) c’est la relation à la religion polythéiste, avec tous ces rites, ces croyances, ces prières et ces sacrifices qui m’a le plus marqué et que j’ai particulièrement apprécié. La place importante accordée à l’honneur, la dignité et le dévouement au sein de la société romaine m’a également interpellée. Le loyalisme du héros Lucius Vorenus est remarquable et captivant. En somme, malgré quelques anachronismes, la série est considérée par les spécialistes comme donnant une vision crédible et plutôt fidèle de la réalité historique.   

Plus qu’une série historique, Rome est une série politique. Les chasseurs de batailles épiques peuvent passer leur chemin car Rome en contient très peu. La grande bataille de la première saison entre César et Pompée est totalement effacée et seulement quelques secondes nous sont montrées. Rome traite avant tout du déclin de la République Romaine. La lutte incessante pour le pouvoir et les magouilles politiques représentent l’essence de la série et à vrai dire son véritable atout. Coups bas, pots de vin et stratagèmes politiques cadencent l’histoire. Ce n’est pas le sexe, ni la violence qui nous passionnent mais bien la montée au pouvoir de César dans la première saison puis celui d’Auguste (Octavien) dans la seconde. Comprendre comment César s’est proclamé dictateur à vie puis Auguste (son fils adoptif) empereur, et comprendre comment ils ont anéanti la République Romaine, voilà tout l’intérêt du show.

Bon je finirais cette critique en saluant quelques autres très bons points de la série. Tout d’abord cette dernière repose sur un casting parfait ! Les deux acteurs jouant les personnages principaux sont incroyables et leurs complicité est plaisante. Ciarán Hinds campe un César de toute beauté mais la palme d’or revient à James Purefoy pour son interprétation magistrale du général Marc Antoine. En arrogant hédoniste à la franchise brutale, ce dernier joue à la perfection un personnage délectable. Pour finir, notons que le générique de présentation est très bon et qu’il vient se placer au côté de celui de Six Feet Under dans le top des meilleurs générique de série.

Je vous conseille vivement cette série à la reconstitution historique stupéfiante. Je n’ai pas consacré de paragraphe pour parler des décors car sinon ma critique pourrait facilement s’éterniser mais retenez juste que ces derniers sont à couper le souffle. Je clôturai personnellement mon immersion dans la Rome antique par un voyage au cœur de la capitale italienne courant octobre.

5/5


vendredi 5 juillet 2013

Game of Thrones Vs Vikings

 
Honte à ceux qui prennent Vikings pour un ersatz de Game of Thrones et encore plus honte à ceux qui ne prennent même pas le temps de regarder Vikings.


Après m'être fait des ennemis et avant de commencer la comparaison, rappelons certaines choses essentielles. GoT est l’adaptation de la série littéraire éponyme tandis que Vikings se fonde sur des faits historiques (plus ou moins avérés). Il est alors impossible de parler de reconstitution pour GoT. Ensuite, GoT est produite par la grande chaîne de télévision américaine HBO (Sex and the City, The Wire, Les sopranos, Six feet under…) tandis que Vikings est produite par la chaîne History au moyen beaucoup plus modeste. Et pourtant…

Bon, on ne va pas faire des ronds de jambe pendant une heure, parlons de cul. Là où GoT nous jette à la figure un nombre incalculable de scènes de sexe, parfois limite pornographiques, mais presque toujours gratuites, Vikings préfère suggérer en sachant malgré tout montrer quand c’est à propos. Vikings n’est pas là pour faire de l’audience, elle se veut juste.

Parlons désormais de choses plus sérieuses : personnages et suspense (l’essence de la série en soi). Game of Thrones, mais ce n’est pas sa faute car c’est une adaptation, multiplie sans cesse les personnages nous perdant dans un labyrinthe de relation parfois dures à suivre. Oui, je sais, je suis un peu débile. Qui dit plus de personnages dit également plus d’histoires. Ainsi, GoT souffre également de son aspect décousu (certaines histoires étant passées sous silence durant plusieurs épisodes). A l’inverse, Vikings sait restée simple sans pour autant perdre en intensité. Le fil directeur est clair (conquête et lutte de pouvoir) mais se permet des égards très appréciés (relation à la religion…).  

En ce qui concerne le suspense maintenant, vous seriez de mauvaise foi si vous ne reconnaissiez pas que GoT en manque cruellement. Certes les dialogues souvent bien ficelés et les situations souvent bien amenées donnent un certain charme à la série, mais cette dernière ne connait pas le cliffhanger ou du moins n’en abuse pas. En effet, je peux reconnaitre que les fins de saisons sont souvent plutôt entrainantes mais putain qu’est-ce qu’on se fait chier au début quand même. Pour ce qui est de Vikings, il faut un épisode à la série pour installer le décor et l’histoire puis la série part en boulet de canon sans pour autant tenir ses spectateurs en haleine H24 comme un 24H Chrono.

L’engouement autour de Game of Thrones fait partie de ces phénomènes de société inexplicables. Les gens en parlent alors tout le monde se sent obligé de regarder et pis surtout tout le monde se sent obligé d’aimer. Ne vous méprenez pas, j’aime GoT mais pas de quoi en faire tout un plat. Pour moi GoT s’est un peu comme How I Met Your Mother, on aime au début puis on ouvre les yeux.

Vikings


Vikings est bien des choses mais elle n’est certainement pas un ersatz de Game Of Thrones. En effet, si Vikings succède peut être dans le temps à la désormais célèbre série d’HBO, elle est en qualité au moins égale (pour moi, supérieure). La suite de cet article s’attache à vous expliquer les qualités propres de la série. Retrouvez la comparaison avec Game of Thrones dans cet article.

Rien ne sert de tourner autour du pot, Vikings est avant tout une réussite visuelle. En effet, la reconstitution méticuleuse et les paysages quasi oniriques, font de cette série une œuvre fabuleuse. Drakkars, boucliers, haches et autres marteaux, aucun doute possible, nous ne sommes pas en présence d’un peuple d’Amazonie, mais bien des géants scandinaves. A ces incroyables décors reconstitués, s’ajoute la beauté inqualifiable des montagnes norvégiennes qui fait de chaque épisode un voyage prodigieux.

Bien évidemment, films et séries ne plaisent pas que, ou très rarement, pour leur graphisme, sinon les films de Terrence Malick auraient tous 5 étoiles au compteur. Ainsi, Vikings jouit d’autres qualités. Tout d’abord, on peut saluer un casting réussit. Travis Fimmel campe un héros mystérieux et tolérant (Ragnar) aux yeux d’un bleu à dégrafer les soutiens gorges, tandis que Gustaf Skarkard joue le fou d’une façon surprenante et bleufante (Floki). Au milieu des hommes, n’oublions pas la belle Katheryn Winnick qui trouve sa place en femme forte et déterminée.

Cependant, ce n’est ni dans le graphisme, ni dans le casting, que réside le PLUS de Vikings, mais bien dans la découverte d’une civilisation peu connue. Vikings tranche par son parti pris : nous faire plonger dans une société riche et complexe, sans chercher à occulter ou broder véritablement. Là où la série Rome a pris beaucoup de liberté avec la rigueur historique pour offrir un très bon spectacle, Vikings prend le chemin inverse : nous donner le plus de détails possible, être le plus rigoureux possible dans l'approche historique de la société, au risque de rendre la série un poil troublante, chiante ou ardue.

Si on prend le temps de s'intéresser à la série, on apprendra alors beaucoup du peuple viking. La violence de ces derniers était une réalité : pillage, combats à mort, mort dont on rigole en espérant rejoindre Walhalla (sorte de paradis), viol, justice expéditive, sacrifices humains... Mais ce qui est tout autant vrai, c'est cette quête d'égalité, cette place singulière des femmes qui sont aussi importantes que leurs maris. les réalisateurs n'ont pas cherchés à habiller ces Vikings pour les rendre plus agréables. Là où Rome et GoT ont pu faire dans le facile en allant nous jeter du cul et de la violence gratuite, Vikings fait dans le juste. Le sexe n'est quasiment jamais montré mais suggéré tandis que la violence est justement dosée.

Cependant, la chose qui m’a le plus enchanté, c’est la relation à la religion. Ignorant tout de la religion nordique ancienne, j’ai été passionné par la découverte des moindres croyances de ce peuple polythéiste. Entre rites, prières et sacrifices, on baigne dans un univers étranger que l’on veut continuer à comprendre. La série prend un tournant vraiment captivant lorsque le monothéisme (Chrétienté) rencontre le polythéisme (Religion nordique). La découverte de l’un et de l’autre aux yeux de chacun est du meilleur effet, même si elle aurait pu être plus exploitée. 
Les 5 étoiles ne sont pas loin mais je mets 4 pour laisser une marge de progression à la saison 2. 
4/5

samedi 29 juin 2013

TOP/FLOP Juin 2013


Nous sommes le 30 juin 2013 et c'est l'heure d'un bilan de mi-année. A ce jour, sur les six derniers mois, je me suis rendu 36 fois au cinéma, 34 fois dans nos chères salles noires françaises et deux petites fois au milieu d'une horde de bouffeurs de pop-corn espagnols. Ces 6 mois furent remplis de bonnes surprises (24) mais aussi de mauvaises (12). Vous constaterez par vous même que les bonnes surprises sont deux fois plus nombreuses que les mauvaises mais malheureusement la haine ressentie pour ces dernières s'avère être deux fois plus importante que la joie qu'ont pu me procurer les premières. Le bonheur qu'a pu susciter en moi un Django Unchained ou un Before Midnight est bien loin de la rancœur et du dégoût profond que je porte à Spring Breakers, L'écume des jours et autre Trance. Mais bon, cessons de nous apitoyer et revenons à des choses plus agréables avec le TOP 10 2013 de mi-parcours. 





3 - Sugar Man



6 - Mud


8 - Wadjda




Bon et parce qu'il est bon de se défouler aussi, voici mon FLOP 10. Ceux qui m'ont un peu suivi cette année auront pas trop de mal à trouver le Number One. 




3 - Trance

4 - Flight

5 - Mobiüs


7 - Passion

8 - Gatsby


10 - NO

Before Midnight















C’est avec le plus grand des plaisirs que je suis allé voir Before Midnight hier soir. Je pense que je n’ai jamais été aussi heureux de me rendre au cinéma. Un bonheur qui ne fut pas altéré par la horde d’espagnols avide de popcorn. Parler de bonheur ce n’est même pas suffisant, j’étais excité de retrouver Jesse et Céline et à en même temps triste de me dire que c’était la dernière fois (à moins que dans 9 ans…).

Mon excitation fut agréablement récompensée. Cependant, le format du film est un peu différent des deux précédents opus. Certes, on retrouve des longs travellings dans la voiture ou dans la rue mais l’impression de fluidité dans le temps est moins présente. Je pense que cette perte de fluidité est due au long huit clos de fin. Ne vous méprenez pas, ce huit clos est excellent mais on ne les voit plus vagabonder comme dans Before Sunrise et dans une moindre mesure dans Before Sunset.

Le film commence par un travelling en voiture succulent. On retrouve nos deux amis qui se chamaillent, s’engueulent, s’aiment et rigolent. On retrouve la complicité qui nous a fait tant plaisir dans le passé et on s’abandonne totalement dans leur nouveau, mais pourtant bien connu, monde. Le film prend ensuite un virage un peu moins bon avec une discussion à table entre amis plutôt artificielle bien que parfois amusante. En fait, on se rend compte que l’on ne les a jamais vu ni entendu entourés d’autant de monde. C’est seulement après, lorsqu’ils se promènent tous les deux dans un dédale de rue d’un petit village Grecque, qu’on les retrouve comme on les aime. On réalise alors qu’ils nous pas changé d’une goutte, Céline continue d’être cette écolo-féministe névrosée et Jesse ce macho calme et rationnel.

Mais c’est bien dans la dernière partie du film que le film prend un tournant quelque peu inattendu. Finis les travellings, finis les rires et les chamailleries, on passe à l’engueulade pure et dure dans un huit clos tendu. Si le ton monte ce n’est pas pour perdre en justesse. Au contraire, les dialogues n’ont jamais été aussi bien ficelés et aussi percutants. Cette scène est surement l’une des plus belles de la trilogie, et je n’en dirais pas plus pour vous laisser le bonheur de la découvrir.

Cette trilogie est un bijou. Un bonheur de tous les instants.

4.5/5 

vendredi 28 juin 2013

Before Sunset




Avant d’aller voir le troisième opus de cette trilogie qui d’ores et déjà m’enchante et me fait rêver, je vous fais par de ma critique du second chapitre. L’objectivité est peut être absente de mon article étant donné que je suis tombé fou amoureux de ces deux personnages, de leur histoire, de cette fluidité dans le temps et de tout ce qui les entoure. Si j’ai déjà ressenti un profond attachement pour des personnages de séries télé, je n’ai jamais rien ressenti de tel pour des personnages de film car souvent le temps d’un film n’est pas suffisant.

Si dans Before Sunrise les amoureux passaient 14h ensemble, dans ce deuxième chapitre c’est beaucoup plus court et proche de 5/6h. De ce fait, l’impression de fluidité qui pouvait étonner dans le premier chapitre est ici plus saisissante. On se croirait réellement vivre chaque seconde des 6h juste à côté d’eux (alors que le film ne dure que 70min). Comme dans Before Sunrise, on a cette agréable sensation de marcher à côté d’eux comme des fantômes.  

Ce deuxième volet est parisien. En effet, les deux amoureux d’un jour se retrouvent dans la belle capitale française pour s’abandonner et nous transporter. Si on ne ressent pas le bonheur intense de la découverte que l’on a pu ressentir dans Before Sunrise, on ressent cependant le bonheur complice de les retrouver 9 ans plus tard. Le plaisir est différent mais (presque) aussi bon. On les a quittés sur un gros cliffhanger et les regarder échanger sur ce dernier est du meilleur effet. Maintenant qu’on les connait mieux, on se délecte de chacune de leur phrase comme si l’on écoutait des amis discutés. Ainsi, Certains trouveront le bavardage du début sans intérêt mais moi je l’ai trouvé profondément délectable. Dans le café, les deux  protagonistes parlent de tout et de rien mais c’est cette exposition de point de vue sur les choses les plus simples qui est pour moi le meilleur passage du film.

Si j’aime tant ces petites discussions entre les personnages, c’est qu’à travers elles, on retrouve le caractère de chacun. Bien sûr, ce ne sont plus les deux mêmes petits tourtereaux qui vagabondèrent dans les rues de Vienne, ils ont tous les deux des bagages assez lourdes à porter, cependant, leur caractère bien trempé (surtout celui de Céline) sont restés intactes. Céline (Julie Delpy) reste cette écolo-féministe sulfureuse et caractérielle tandis que Jesse garde un calme olympien et une rationalité déconcertante.

La fin du film s’emballe et dans le bon sens du terme. Les deux personnages commencent à déballer leurs sacs et à sortir les casseroles du placard. La scène dans le taxi est très réussie. On les redécouvre et on en apprend beaucoup sur les 9 années qui viennent de se passer. Enfin, le film se termine sur une très belle note si vous me permettez l’expression avec une merveilleuse chanson de Céline qui revient, pour notre plus grand plaisir, sur l’histoire du premier volet.

4.5/5

Before Sunrise


Before Sunrise est tout bonnement époustouflant. Cependant, avant d’expliquer en quoi ce film est un trait de génie dans le monde cinématographique, revenons sur quelques points techniques qui font de ce film et de ces successeurs des œuvres bien singulières.

Comme vous l’aurez peut être compris, Before Sunrise (1995) est le premier opus d’une trilogie composée de Before Sunset (2004) et Before Midnight (2013). Maintenant, comme vous l’aurez peut être remarqué, les trois volets sont espacés dans le temps de 9 ans. Ceci n’est pas fortuit car l’histoire comptée évolue elle aussi de 9 années, suivant ainsi la transformation biologique des protagonistes. Pour finir, les deux acteurs principaux, Ethan Hawke et Julie Delpy, ont étroitement participé avec Richard Linklater au développement des scénarios, fondés, si on en croit la rumeur sur une idée autobiographique de ce dernier.   

Revenons maintenant au film dont le synopsis n’est pas, à premières vues, des plus exaltant. Jeune américain de passage en Europe, Jesse aborde Céline, étudiante française, dans un train entre Budapest et Vienne. A Vienne, il lui demande de descendre pour l'accompagner dans une visite de la ville pendant les 14 heures qui le séparent du décollage de son avion pour les Etats-Unis. Amusée, peut-être séduite, Céline accepte.  

Before Sunrise est bleufant. Il est beau et léger et reste remarquable de par sa fluidité. La première fluidité qui frappe est celle du langage. Le film est très bavard mais cela n’est, ici, aucunement un reproche. En effet, les dialogues sont parfaitement ficelés et s’enchainent d’une façon presque miraculeuse. Pas un seul mot ou une seule phrase parait mal placés à tel point que même les blancs sont passionnants. Cette fluidité du langage (également corporel) est si bien retranscrite car les acteurs semblent faits pour jouer l’un avec l’autre. A les regarder, on se croirait vraiment en face d’une rencontre amoureuse entre deux inconnus. Ne vous méprenez pas, lorsque je parle de fluidité, je ne parle pas de quelque chose qui paraitrait prédestinée mais de quelque chose qui parait belle et bien réelle.

La deuxième fluidité qui frappe est celle du temps qui passe. Le film ne dure (malheureusement) qu’1h40 tandis que l’histoire se passe sur 14h. Cependant, et c’est là que se trouve la prouesse du film, on a réellement l’impression de les suivre durant tout le temps qu’ils passent ensemble. Cette impression est tout simplement géniale et profondément agréable car on les découvre en même temps qu’ils se découvrent. On apprend à connaitre ces deux personnages hauts en couleurs. Céline (Julie Delpy) est phénoménale car elle est tour à tour espiègle, directe, emportée, vulgaire, triste, poétique, tendre, intellectuelle, enjouée… On les suit comme si on était invisible et on s’attache à eux si bien qu’on ne voit pas le temps passé. On les suit dans la rue, dans le tramway, dans le parc, au bar, partout… et toujours avec cette impression enivrante d’être sur place. Richard Linklater finit d'ailleurs le film brillamment  en nous remontrant tous les endroits VIDES (car à l'aube) où les deux tourtereaux nous ont promené.  

Pour finir, j’ajouterai que le film est rempli de rencontres incroyables qui font de l’histoire un récit fantastique. Je citerai notamment la rencontre avec les trois acteurs de théâtre autrichiens, celle avec la voyante ou encore celle avec le poète sur les quais.  

Pour citer quelqu’un qui se reconnaitra, ce film est l’un des plus beaux films jamais réalisés sur la naissance du sentiment amoureux. Si j’avais un vœu à faire, j’aimerais oublier ce film à chaque fois que je le vois pour pouvoir le re-regarder indéfiniment. 


5/5