dimanche 17 février 2013

Princesse Mononoké


Princesse Mononoké est de loin mon oeuvre cinématographique préférée. Je voue un réel culte à Hayao Miyazaki que je considère comme l'un des plus beaux conteurs du monde moderne. Ces films sont toujours porteur d'un message et ont la réelle volonté de faire réfléchir le téléspectateur.

Si certains reprochent à Princesse Mononoké de n'être qu'un recyclage de Nausica, c'est que ces personnes là n'ont rien compris. Certes, tous les deux traitent de la dure relation entre l'homme et la nature mais ils sont pourtant bien différents. Nausica fait état d'une destruction de la nature par l'homme sans retour en arrière, tandis que Princesse Mononoké montre le début de la destruction de la nature par l'homme. Dans Nausica Hayao Miyasaki fait preuve d'un grand pessimisme face aux possibilités de changer la face du monde alors que dans Princesse Monono il tente de se montrer plus optimiste. Un optimisme qu'il convient cependant de relativiser. En effet, si beaucoup voient dans cette oeuvre une "fable écologique moderne", le message de Miyazaki est bien plus compliqué. La fin est à première vue heureuse mais cependant tous les dieux de la forêt sont morts, beaucoup d'hommes ont été tué et la montagne ne se recouvre pas d'arbre mais d'une fine mousse. Pour conclure ce paragraphe, il conviendrait de dire que Nausica et Princesse Mononoké traitent du même sujet d'une façon totalement différente mais que malheurement le pessimisme semble flotter au-dessus des deux oeuvres.

Princesse Mononoké est également extraordinaire car il diffère des autres oeuvres du cinéaste japonais. En effet, s'il reprend des éléments de Nausica (qui n'est pas influencé par son travail passé ? Surtout que Miyazaki a passé 12 années de sa vie à narrer les histoires de Nausica à travers 7 tomes d'un manga magnifique), le film est pourtant, sur certains points, bien différent de ses autres films. Premièrement, c'est bien le seul de ses films purement terrestre. 5 ans auparavant, Miyazaki avait réalisé Porco Rosso, de loin son oeuvre la plus aérienne, mais là étrangement il revient au monde terrestre (contrairement à Nausica). Enfin, dans ce film la fille est le personnage belliqueux au sang chaud tandis que le garçon apporte la sérénité et le calme. 

Cependant, Miyasaki ne renie pas dans ce film ses pratiques habituelles et on retrouve ici les classiques de sa filmographie. En effet, la jeunesse reste au centre du scénario du magicien japonais. Les héros ou héroines de ses films sont (hormis Porco Rosso) toujours des jeunes filles ou garçons. Miyazaki semble convaincu que c'est à la jeune génération de changer le monde dévoré par ses démons et c'est ce qu'il tente de nous faire comprendre. On pourrait même spécifier ce propos en ajoutant que ce sont très souvent les filles les héroines (Nausica, Chihiro, Sheeta, Sophie, Kiki, Mei et Satsuki). Ici le film se nomme "Princesse" Mononoké plaçant la fille au centre, même si dans la réalité Ashitaka semble être le réel héros du film.

Ce film est beau et bouleversant. Il vous raconte une histoire et vous en sortirez changé. C'est d'ailleurs pour cette raison que le film a fait 14.2 millions d'entrées à sa sortie au Japon battant ainsi le record d'E.T et explosant les prévisions du studio Ghibli qui n'en avait prévu que 4. Ce film sera ensuite détrôné par l'un de ses homologues, Le voyage de Chihiro, que beaucoup considèrent comme l'oeuvre maitresse du réalisateur nipon, mal leur en prennent.

5/5

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